Rechercher
  • yzoisa

Résidence IFM Kénitra - Jour#5


>>> Avancée du projet artistique

La nuit porte conseil. Je commence à avoir quelques idées de création.

Il me faut du temps pour m'imprégner du territoire - qui m'est totalement inconnu tant en termes de territoire physique que d'usages culturels. Mais je n'ai que 3 semaines, et, le 8 mars, je présenterai une restitution de mon travail c'est-à-dire une exposition des oeuvres créées en réponse à mes observations et mon ressenti.

En outre, j'ai deux exercices "imposés" :

- une démonstration de forge artistique devant des élèves de l'IFM et de l'université (mercredi et jeudi de la semaine prochaine),

- la création d'une sculpture pour le jardin de l'Institut Français de Kénitra, à partir d'un ancien portillon en métal qui, il y a quelques années, était l'accès principal depuis la rue, et qui a été supprimé depuis qu'un haut mur de 3m50 ceint les locaux et qu'un gardien contrôle l'accès. Ce haut mur construit dans un souci de sécurité n'aide pas à la fréquentation du centre culturel. Il renforce sans doute le sentiment des marocains d'être tenus à distance, voire même transmet une image d'arrogance qui ne facilite pas la mission de l'Institut Français du Maroc de s’adresser à tous les marocains pour la démocratisation de la culture et du savoir (formation au français et certifications, aide à la mobilité étudiante, événements artistiques et intellectuels, médiathèques, soutien aux coopérations…).

Ces deux projets en métal sont incontournables. C'est aussi en tant que femme artiste du métal que ma présence était souhaitée pour cette résidence. Il n'y a quasiment pas de femme au travail du métal ici. D'ailleurs l'acier est surtout utilisé en artisanat, et peu représenté dans la sculpture contemporaine marocaine. J'aimerais quand même rencontré Ikram Kabbaj, une artiste marocaine reconnue qui fait exception.


>>> "Real life"

C'est un peu compliqué, dans ce pays où le régime alimentaire est plutôt carné, d'expliquer au serveur du restaurant que je ne veux ni viande ni poisson. Il ouvre grand des yeux étonnés mais finalement j'obtiens un tagine de légumes. Avec salade et lentilles en entrée, c'est bon...mais ce n'est pas du goût du chat qui aurait bien voulu quelque nourriture (et le pain c'est bof!).



>>> Kénitra

La ville est en travaux un peu partout, depuis une bonne année m'a-t-on dit. Des chantiers de démolition qui jouxtent des chantiers de construction. Les immeubles anciens, qui ont été beaux mais sont aujourd'hui plus ou moins délabrés, ne sont presque jamais restaurés mais démolis. Peut-être est-ce l'effacement progressif des traces de la colonisation?

Les trottoirs sont témoins de la mutation progressive. Souvent défoncés, restaurés sur quelques mètres de longueur par ci par là, ils obligent les passants à monter ou descendre de hautes bordures qui les rythment dangereusement. Attention aux chevilles!






2019/2020 by Isabelle Grasset

This site was designed with the
.com
website builder. Create your website today.
Start Now