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  • yzoisa

Résidence IFM Kenitra - Jours#12 à 15


Quatre journées de travail en atelier, de 8h à 20h : 1) préparation des pièces à forger pour les démonstrations en public de mardi 5 et mercredi 6 - 2) travail pour le projet de la porte.


Le travail est long parce qu'il faut sans cesse trouver le matériel nécessaire dont Hassan ne dispose pas ou encore pour remplacer les outils défectueux qui tombent en panne les uns après les autres. Cela passe par de nombreux coups de téléphone ou visites dans les ateliers voisins. Heureusement, comme tout le quartier est un quartier d'artisans du métal ou du bois, on trouve à proximité. Et le matériel imposant ou les matériaux sont immédiatement acheminés par les motos-triporteurs.


La plupart du temps, l'outillage est de faible qualité et peu sûr. Les artisans n'ont pas toujours les moyens, ou bien les outils de bonne qualité ne sont pas disponibles. Ils achètent souvent aux petits fournisseurs du quartier et ont peu de choix. Quant aux dispositifs de sécurité des outils... comment dire... il n'y en a pas, du moins ils "disparaissent" rapidement.

Bref, ce sont des conditions de travail bien différentes de mon atelier en France. L'avancement du projet sur la porte est donc lent et laborieux.


Dans le quartier, ma présence est remarquée. D'abord parce qu'une femme qui travaille le métal est extrêmement rare et ça surprend. Et la prospection menée par Hassan pour me trouver outillage et matériaux a intrigué. Ensuite parce que ce qu'ils ont pu observer de mon travail en cours semble totalement incompréhensible à ceux qui sont entrés dans l'atelier d'Hassan soit pour une visite, soit pour apporter un outil ou régler les bouteilles de gaz du chalumeau (réglage dont j'étais incapable puisque les manomètres sont cassés ! Eux font le réglage au jugé, par force d'habitude... ce qui ne me rassure qu'à moitié, je dois l'avouer). Selon eux, je suis en train d'abîmer une porte! A quoi bon? Je suis amusée. Voilà donc ce que sera la trace de mon passage dans le quartier : une française qui travaille le métal mais pour détériorer une porte! La notion de sculpture ou de travail artistique leur est étrangère. Pour eux, l'art dans le métal c'est ce que nous appelons artisanat... traditionnel et fonctionnel. Mais bon... ils auront été un peu bousculés dans leurs habitudes, c'est déjà une satisfaction.


En ce qui concerne le projet de la porte, j'ai dû revoir le projet initial qui était trop ambitieux compte-tenu de la difficulté des conditions de travail et du délai imparti. J'ai opté pour un projet plus raisonnable qui, malgré tout, souffre du manque d'outillage adéquat. Je ferai donc au mieux au regard du contexte mais je sais déjà que mon niveau d'exigence habituel ne sera pas satisfait. Ce sera une leçon de plus pour moi.


Pour le moment, je ne vous révèle pas le projet. Le dévoilement aura lieu vendredi 8 mars pour la restitution de la résidence et le vernissage.

Voici juste une photo de détail du travail en cours pour alimenter votre curiosité.



Et puis, pour le plaisir, une photo du ciel de Kenitra prise samedi soir en rentrant de l'atelier.



Et encore une autre, de mon nouveau copain... le chien qui garde l'atelier d'Hassan. Si craintif au départ, il a accepté mes marques d'affection et s'est transformé. C'est un gentil chien qui, dès que possible, vient maintenant joyeusement vers moi et cherche ma main pour une caresse.






2019/2020 by Isabelle Grasset

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